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Les espoirs de Bush au Moyen-Orient

par Daniel Pipes
Jerusalem Post
17 janvier 2008

Version originale anglaise: Bush's Middle East Hopes
Adaptation française: Alain Jean-Mairet

La politique de George W. Bush à l'égard du Moyen-Orient et de l'Islam pèsera lourd dans le jugement que les historiens porteront sur sa présidence. Au terme de son voyage de huit jours dans six pays du Moyen-Orient et en cette fin de mandat, je propose quelques réflexions provisoires.

Son trait caractéristique a été sa disposition à rompre avec des positions bipartisanes bien établies et à adopter des politiques étonnamment nouvelles – à la fin de 2005, il avait ainsi défini sa nouvelle approche dans quatre domaines majeurs:

Voilà pour les visions; mais qu'en est-il de la mise en œuvre? Au terme de son premier mandat, je trouvais que les options politiques de Bush, celle concernant le conflit israélo-arabe exceptée, avaient «de bonnes chances de réussir». Ce n'est plus le cas. Aujourd'hui, je vois des échecs dans les quatre domaines.

George W. Bush et Abdullah d'Arabie Saoudite, main dans la main.

La compréhension plus claire de l'Islam radical que Bush avait acquise s'est dissipée entre-temps, au point qu'il recourt maintenant à de longs euphémismes inélégants pour éviter de nommer le problème et utilise des formules telles qu'«un groupe d'extrémistes qui cherchent à exploiter la religion pour accéder au pouvoir et établir leur domination».

Les guerres préventives ne vont pas sans la faculté de convaincre les observateurs de leur légitimité, un talent dont l'administration Bush n'a pas su faire preuve. Seule la moitié de la population américaine, et bien moins encore au Moyen-Orient, a reconnu la nécessité d'envahir l'Irak, ce qui a engendré des divisions intérieures et une hostilité inégalée à l'étranger depuis la guerre du Vietnam. L'une des conséquences en est la difficulté accrue, aujourd'hui, de prendre des mesures préventives contre le programme nucléaire iranien.

La vision de Bush consistant à résoudre un siècle de conflit israélo-arabe en consacrant Mahmoud Abbas au poste de dirigeant d'un État palestinien est illusoire. Une «Palestine» souveraine aux côtés d'Israël canaliserait la haine antisioniste et mettrait un terme à la guerre irrédentiste contre Israël? Non, l'objectif malveillant de la création d'une «Palestine» inspirerait au contraire encore plus de ferveur aux partisans de l'élimination de l'État juif.

Enfin, si l'encouragement de la démocratie est certes un but louable, est-il bien judicieux de plonger la tête la première dans cette direction à l'heure où la principale force populaire du Moyen-Orient est l'Islam totalitaire? Pourtant, c'est bien cette image de plongeon qui caractérisait le mieux la démarche initiale de Washington – jusqu'à que les dégâts causés aux États-Unis par cette politique ne deviennent trop évidents pour être ignorés, ce qui a entraîné son abandon dans une large mesure.

À un moment où George W. Bush est la cible de telles vitupérations de la part de ses adversaires, quelqu'un qui, comme moi, souhaite le voir réussir, ne le critique qu'à contrecœur. Mais la critique est indispensable. Prétendre que tout va bien ou rester loyal à une personne en dépit de ses actes ne sert les intérêts de personne. La correction des erreurs passe par un constat sans concessions.

Ainsi, je respecte les motivations bienveillantes et les bonnes intentions de Bush mais je regrette le gaspillage du taux record de soutien – 90% – dont il bénéficiait au lendemain du 11 septembre 2001 et le legs au prochain président d'un électorat polarisé, d'une armée qui hésite à faire usage de la force contre l'Iran, le Hamas au pouvoir à Gaza, un désastre en préparation en Irak, l'essor de l'Islam radical et des niveaux d'antiaméricanisme sans précédent dans le monde.

Les conservateurs auront fort à faire pour rebâtir leur politique moyen-orientale.

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